Votre traitement
Le scanner 3D avant un implant : ce qu'il montre, et quand il sert
Le cabinet de Gouesnou a son propre scanner 3D, un cone beam, et l'on vous proposera peut-être cet examen avant un implant. Voici ce qu'il voit qu'une radiographie classique ne voit pas, pourquoi il n'est pas fait à tout le monde, ce que l'on sait de sa dose de rayons X, et ce qu'il change pour l'intervention.

En bref
- Le cone beam, ou tomographie volumique à faisceau conique, donne une image en trois dimensions des mâchoires, que l'on peut découper dans tous les sens.
- Avant un implant, il mesure l'os et situe le nerf de la mâchoire du bas et le sinus ; il sert aussi à planifier la position des implants et à fabriquer un guide chirurgical.
- Ce n'est pas un examen systématique : on le fait quand la radiographie classique ne suffit pas.
- Sa dose de rayons X est plus faible que celle d'un scanner médical, mais plus élevée que celle d'une radiographie panoramique (Haute Autorité de santé, 2009).
01Qu'est-ce qu'un scanner 3D cone beam ?
Son nom complet est long : tomographie volumique à faisceau conique, CBCT en anglais. Le principe, lui, est simple. Un tube à rayons X et un capteur, solidaires, tournent ensemble autour de votre tête ; le faisceau, en forme de cône, balaie toute la zone en une seule rotation. Un ordinateur reconstruit ensuite un volume en trois dimensions, comme le décrit la Haute Autorité de santé dans son rapport d'évaluation de 2009.
Dans ce volume, on fait des coupes dans tous les sens : de face, de profil, en travers de la mâchoire, ou en vue panoramique. C'est ce qui le distingue d'une radiographie classique, qui écrase tout sur une image plate. Au cabinet, l'appareil est installé sur place, comme le bloc opératoire où se posent les implants : quand l'examen est justifié, il se fait pendant la consultation, et les images sont lues avec vous. Il fait partie de l'équipement présenté sur la page le cabinet.
Faites glisser le schéma pour le voir en entier
02Ce que l'on voit sur le scanner avant un implant
La Haute Autorité de santé (2024) liste ce que l'imagerie en trois dimensions apporte avant un implant. D'abord l'os, apprécié dans les trois plans de l'espace : sa hauteur, sa largeur, sa forme, sa densité. Ensuite les zones à ménager, pour ne pas les léser pendant l'intervention :
- le nerf alvéolaire inférieur, qui parcourt la mâchoire du bas et donne la sensibilité de la lèvre inférieure et du menton ;
- le foramen mentonnier, le petit orifice par lequel une branche de ce nerf sort de l'os, sous les prémolaires du bas ;
- le sinus maxillaire, cavité d'air au-dessus des molaires du haut, avec son plancher et ses cloisons ;
- les fosses nasales et le canal incisif, à l'avant de la mâchoire du haut.
Le scanner montre aussi ce qui doit être réglé avant de poser quoi que ce soit : une racine restée dans l'os, un kyste, une infection au bout d'une dent voisine, un sinus malade. Mieux vaut le découvrir sur l'écran, au moment du bilan, qu'au cours de l'intervention. La page implant dentaire décrit la place de ce bilan dans le traitement.
03Pourquoi il n'est pas fait à tout le monde
C'est voulu. La radioprotection repose sur deux principes que rappelle la Haute Autorité de santé (2024) : chaque examen doit être justifié, et la dose doit rester aussi faible que possible pour l'image dont on a besoin. En pratique, l'examen de départ est une radiographie panoramique, souvent complétée par un petit cliché de la zone. Le cone beam vient en second, quand ces images ne suffisent pas : un os réduit, un nerf ou un sinus proche, plusieurs implants à planifier.
L'Assurance Maladie le rappelle aux chirurgiens-dentistes dans une fiche de 2022 : le cone beam est un examen de seconde intention, réalisé par des praticiens formés, et la raison de chaque examen doit être notée dans le dossier du patient. La Haute Autorité de santé admet d'ailleurs que, dans les cas simples, une seule dent avec assez d'os et rien de fragile à proximité, la radiographie classique peut suffire.
04Quelle dose de rayons X reçoit-on ?
La question est légitime, et la réponse demande un peu de nuance. Dans son rapport de 2009, la Haute Autorité de santé situait la dose d'un cone beam entre celle des radiographies dentaires et celle d'un scanner médical. Selon les appareils et la taille du champ, elle était de 1,5 à 12 fois plus faible que celle d'un scanner, mais de 4 à 42 fois plus élevée que celle d'une radiographie panoramique.
1,5 à 12 fois
moins de rayons X qu'un scanner médical, selon l'appareil (HAS, 2009)
4 à 42 fois
plus de rayons X qu'une radiographie panoramique, selon l'appareil (HAS, 2009)
Ces écarts tiennent aux réglages : avec un même appareil, la dose varie selon le volume exploré et les paramètres choisis. Le rapport prévoyait déjà que les nouveaux appareils offriraient davantage de réglages pour la réduire ; ces chiffres de 2009 sont donc à lire comme des ordres de grandeur. Chez l'enfant et l'adolescent, la Haute Autorité de santé demande une attention particulière au choix de l'examen qui irradie le moins.
05Ce qu'il change pour l'intervention
Le scanner sert aussi à préparer le geste. Un logiciel de planification réunit les images 3D et la position des futures dents : on y place chaque implant, avec sa longueur, son diamètre et son inclinaison, à distance du nerf et du sinus (Haute Autorité de santé, 2024). Ce projet peut vous être montré à l'écran avant l'intervention.
Si vous le demandez et que votre cas le permet, ce projet devient un guide chirurgical, fabriqué sur mesure, qui se fixe sur la gencive. Les implants sont posés à travers ce guide, sous anesthésie locale et sans incision ; l'intervention est plus courte, avec moins de gonflement et de douleur ensuite. C'est la chirurgie guidée. La Haute Autorité de santé (2024) précise qu'un guide n'est pas obligatoire, et que la planification peut se faire sans logiciel dans les cas simples.
Le jour de l'examen
- Retirez bijoux, piercings, barrettes et appareil dentaire amovible : le métal brouille l'image.
- Restez immobile pendant la rotation de l'appareil : un mouvement rend l'image floue.
- Signalez une grossesse, même incertaine, avant l'examen.
- Apportez vos radiographies dentaires précédentes, si vous en avez.
?Vos questions
Le scanner 3D dentaire est-il dangereux ?
Il utilise des rayons X, à une dose plus faible qu'un scanner médical mais plus élevée qu'une radiographie panoramique, selon la Haute Autorité de santé (2009). C'est pourquoi on ne le fait que lorsqu'il apporte une information utile, avec un champ limité à la zone à étudier.
Faut-il toujours un cone beam avant un implant ?
Non. La Haute Autorité de santé (2024) prévoit d'abord une radiographie panoramique ; le cone beam s'ajoute quand elle ne suffit pas, par exemple si l'os est réduit, si un nerf ou un sinus est proche, ou si plusieurs implants sont prévus.
Où faire un scanner 3D dentaire près de Brest ?
Le cabinet du Dr Guillemin, à Gouesnou, à 15 minutes de Brest, est équipé d'un scanner 3D cone beam. Quand l'examen est justifié, il se fait pendant la consultation, et les images sont analysées sur place avec vous.
Le cone beam sert-il pour les dents de sagesse ?
Parfois. Pour une dent de sagesse du bas dont les racines semblent toucher le nerf sur la radiographie panoramique, la Haute Autorité de santé (2019) recommande un cone beam pour préparer l'extraction. Dans les autres cas, la panoramique suffit en général.
À retenir
Nous ne faisons pas de scanner 3D par habitude : nous le faisons quand la radiographie classique ne suffit pas pour poser un implant en sécurité. Quand il est utile, l'avoir au cabinet vous évite un rendez-vous ailleurs et nous permet de regarder les images ensemble.
Pour aller plus loin sur le site
Sources
Les informations de santé de cet article s'appuient sur ces publications officielles, consultées à sa rédaction.
- Haute Autorité de santé : Prise en charge implanto-prothétique de l'édentement, volet I, phase préthérapeutique (2024)
- Haute Autorité de santé : Tomographie volumique à faisceau conique de la face, rapport d'évaluation (2009), document diffusé par l'Assurance Maladie
- Assurance Maladie : Renforcer le bon usage du cone beam en odontostomatologie (2022)
- Haute Autorité de santé : Avulsion des 3es molaires, indications, techniques et modalités, argumentaire (2019)